
Durant l’été 2026, la région parisienne accueille Wikimania et State of the Map. Il s’agit des plus grands rassemblements internationaux de contributeurs à Wikimédia et OpenStreetMap, deux des principaux communs numériques.
Pour en savoir plus sur cette notion de commun numérique, je vous conseille de lire l’ouvrage de Serge Abiteboul et François Brancilhon, Vive les communs numériques ! Logiciels libres, Wikipédia, le Web, la science ouverte, etc., préfacé par Gérard Berry. À acheter dans votre librairie préférée ou à lire en ligne.
Qu’est-ce que Wikimania ?
Wikimania est un rendez-vous annuel, de taille moyenne, conçu pour que les Wikimédiens s’informent sur les nouveautés du mouvement, débattent et se découvrent. Très peu de personnes extérieures au mouvement Wikimédia participent à l’événement organisé en plein cœur de la période estivale afin que les bénévoles de Wikimédia soient disponibles. Et par Wikimédiens, il ne s’agit pas forcément des plus gros contributeurs des wikis mais de celles et ceux qui montent des projets, des évènements, des outils, des associations, ainsi que de nombreux salariés du mouvement. L’évènement permet également à de nombreux groupes, plus ou moins formels, de se réunir. Par exemple, le groupe des présidents des grandes associations Wikimédia, les personnes intéressées par développer les projets Wikimédia dans l’espace francophone ou le projet WikiPortraits. L’évènement accueille également l’un des deux gros hackathons annuels permettant aux bénévoles et salariés de collaborer sur des sujets techniques.



L’événement a déjà été organisé dans un pays francophone. L’édition 2017 s’est déroulée à Montréal. Par contre, c’est la première fois depuis la création de l’événement en 2005 que Wikimania se déroule en France. L’événement parcours le globe, changeant de zone géographique chaque année pour aller à la rencontre des wikimédiens, tout en veillant à la sécurité des participants. L’annulation à la dernière minute de la RightsCon 2026 par les autorités de Zambie, sans doute à la demande de la Chine, ne va pas élargir la liste des pays qui peuvent accueillir ce genre d’événements.

Beaucoup de bourses sont allouées afin de faciliter la participation, non pas de tous (car l’événement est volontairement maintenu autour d’un millier de participants depuis de nombreuses années), mais d’un public diversifié. Malheureusement comme chaque année, il y aura des absents. Un hommage sera rendu à clles et ceux qui nous ont quitté au cours de l’année. Et nous déplorerons très certainement de nombreux refus de visa. Les beaux discours sur la francophonie par nos dirigeants sont très éloignés de la réalité du terrain. On ne peut que s’insurger du rejet des véritables acteurs qui promeuvent le français, la diversité linguistique et les pays francophones sur Internet. Nos camarades haïtiens, béninois ou congolais développent Wikimédia dans un contexte bien plus compliqué que ce que nous, français, avons dû affronté. La moindre des choses serait un minimum de considération par les autorités françaises si promptes à s’émouvoir de la place du français sur Internet. Le mouvement Wikimédia n’est pas un cas isolé, des chercheurs s’en étaient plaints dans une tribune publiée dans le Monde en 2023. Pour contourner ces murs érigés contre les wikimédiens, depuis quelques années il est également possible d’assister en ligne à Wikimania. Un service d’interprétariat permettra, sur place et en distanciel, d’écouter les interventions dans quartre langues : anglais, arabe, espagnol et français. Et les vidéos seront ensuite disponibles sur YouTube et Wikimédia Commons.
Sorbonne Université à Wikimania
Bien que Wikimania se déroule en pleine fermeture estivale, les Archives, Bibliothèques et Collections muséales (ABC) de Sorbonne Université participent à l’événement. Deux personnes, à la double casquette université-wikimédia, participent à l’événement. Un poster retrace les actions menées tout au long de l’année au sein de l’université pour participer au développement de ce commun de la connaissance. Une intervention est également prévue. Et un des lieux emblématiques du campus Pierre-et-Marie-Curie, le musée des minéraux, fait partie des onze lieux patrimoniaux, culturels et scientifiques du programme officiel de visites durant Wikimania.
L’année universitaire 2025-2026 se termine par le récent renouvellement du label Culture Libre décerné par Wikimédia France à l’université. Après le bronze en 2024, les Archives, Bibliothèques et Collections muséales de Sorbonne Université décrochent cette fois-ci l’or (lauréats 2026). Il s’agit de la quatrième institution à atteindre la plus haute marche du podium et la deuxième institution universitaire après la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en 2025.


Enseignement supérieur et la recherche
L’Enseignement supérieur et la recherche (ESR) sera bien représenté durant l’événement.

Partenaires
On retrouve l’ESR dès la liste des partenaires : UNESO, CNES, IFLA, Réseau des URFIST, Université de Montpellier, UMR 6031 TREE de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, Presses universitaires de Franche-Comté et les Éditions Universitaires de Dijon.
Conférences
- Accès refusé ? Le droit d’auteur face aux bibliothèques numériques, par Camille Françoise (Wikimédia France), Bernipède (Bibliothèque et Archives nationales du Québec), Grégory Miura (Collex-Persée), Marianne Cosnard et René Pigier (La Contemporaine), Ophélie Wang (Knowledge Rights 21), Patrick Peiffer (Bibliothèque nationale du Luxembourg) et Philippe Gambette (Université Gustave Eiffel).
- Cartographier le fossé des genres dans les ressources biographiques : une analyse à grande échelle avec Wikidata, Simon Villeneuve (wikimédien) et Marie D. Martel (Université de Montréal).
- De l’archive au Labo : L’Open Heritage comme socle d’une science ouverte et citoyenne, par Charlotte Bultel (Sorbonne Université) et Xavier Cailleau (Wikimédia France).
- Formations à Wikipédia dans les cursus universitaires, par Éric Lewin (Université Grenoble Alpes).
- Légiférer pour la libre circulation des connaissances. De l’ambition à la réforme, par Stephen Wyber (IFLA).
- Is Wikimedia a streamable data commons? From Dumps to Data Flows in the Age of AI Extraction, par Nathalie Casmajor (INRS).
- Legal self-defense workshop for open-knowledge practitioners, par Camille Françoise (Wikimédia France) et Ophélie Wang (Knowledge Rights 21).
- New Frontiers in Higher Education Wiki Collaboration, par Aiora Mujika et Galder Gonzalez (Basque Wikimedians User Group), Andrew Lih (Smithsonian), Curt Newton (MIT OenCourseWare), Peter B. Kaufman (MIT Open Learning) et Florencia Claes (Rey Juan Carlos University).
- Wikimedians in Residence Exchange Network: Visioning Session, par Richard Knipel (City University of New York).
Track recherche
- State of Wikimedia Research 2025-2026 + 5 Research Findings and how you can use them in your work. Partie 1 : Liberté, partie 2 : Équité, partie 3 : Fiabilité, par Leila Zia (Wikimedia Foundation) et Benjamin Mako Hill (University of Washington).
- Construire un modèle de protection des contributions face à l’enclosure des contenus culturels numériques, par Christine Chevret-Castellani (Université Sorbonne-Nouvelle).
- From open data to sustainable data commons: A multilayered ecosystem, par Ramya Chandrasekhar (Université Paris-Panthéon-Assas)
- Can Source Reliability Be Predicted on Wikipedia? Evidence from Feature Analysis, par Andreas Kaltenbrunner (Pompeu Fabra University).
- Is Wikimedia a streamable data commons? From Dumps to Data Flows in the Age of AI Extraction, par Nathalie Casemajor (INRS).
- From Wikipedia to AI Answers: Gender Gaps in the Knowledge Pipeline, par Patrick Gildersleve (University of Exeter).
- The edit button nobody clicks: short-form video, creator-gen volunteers, and Wikipedia’s recruitment gap, par Giota Alevizou (King’s College London).
- Beyond Neutrality, or How Editorial Protocols Shape Cultural Knowledge on French Wikipedia, par Sabrina Mac Gregor (INRS)
Présentations éclair
- Botanists in the Wikiverse: Why thematic engagement matters, par Siobhan Leachman (New Zealand Bioeconomy Science Institute).
- Le Réseau WikiSavoirs : une initiative canadienne francophone pour stimuler la culture libre dans le milieu universitaire du pays, par Jean-Michel Lapointe (Université du Québec à Montréal) et Louis Germain (Wikimédia Canada).
- Des rayonnages de la bibliothèque Sainte-Geneviève aux communs numériques, par Pauline Rivière (Bibliothèque Sainte-Geneviève).
Session des posters
- le projet WikiQuiEFR qui utilise Wikidata pour élaborer une prosopographie des membres de l’École française de Rome (1873-2023),
- le projet Wik’Ist de l’Université de Bordeaux destiné à élaborer un kit pédagogique pour l’acculturation à Wikipédia,
- les actions en matière de science ouverte au Muséum national d’histoire naturelle et le projet Wikifier la science du réseau des URFIST,
- et le poster de Sorbonne Université évoqué ci-dessus.




Visites guidées
Plusieurs lieux de l’ESR font partie du programme officiel : outre le musée des minéraux de Sorbonne Université, il y a le siège de l’UNESCO, le musée Curie et la bibliothèque Sainte-Geneviève.
Anecdotes des éditions passées
Que nous réserve d’autre cette édition de Wikimania ? Par le passé, nous avons pu assister à quelques événements inattendus : des mariages, des séances WikiCheese ou un concert de l’orchestre composé de participants au colloque.



En savoir plus

